Électrifier pour rester souverains — Briefing 1er semestre 2026

La guerre en Iran l’a rappelé une nouvelle fois avec force : notre dépendance aux énergies fossiles n’est plus seulement un enjeu climatique. Elle constitue désormais un risque direct pour notre économie, notre industrie et le pouvoir d’achat des Français.

Dans ce contexte, l’électrification est un levier de souveraineté et de compétitivité pour la France. Substituer aux énergies fossiles une électricité décarbonée, compétitive et produite sur notre sol doit devenir une priorité industrielle nationale. C’est tout le sens de l’engagement de Cleantech for France au sein de l’Équipe de France de l’électrification. Cette dynamique doit désormais s’accompagner des conditions économiques permettant cette bascule, notamment en matière de fiscalité énergétique.

Les chiffres du premier semestre 2026 montrent que l’écosystème français résiste. 1,4Md€ ont soutenu les cleantech françaises, dont 830M€ de capital-investissement et 565M€ de soutiens complémentaires. Le capital-investissement (private equity) représente un niveau globalement stable depuis deux ans malgré un environnement géoéconomique dégradé. Mais cette stabilité ne doit pas masquer une concentration accrue des investissements : le nombre d’opérations continue de reculer.

L’énergie demeure le premier secteur d’investissement, avec près de 40 % des montants en private equity, portée notamment par le nucléaire innovant. Les matériaux critiques progressent également, avec quatre opérations représentant 65 M€ consacrées au cuivre et au lithium. Autant d’investissements qui participent directement à la réduction de nos dépendances stratégiques.

Mais la résilience ne suffit pas. Au premier semestre, les États-Unis ont attiré environ deux fois plus d’investissements cleantech que l’Union européenne. Plusieurs entreprises françaises parmi les mieux financées préparent d’ailleurs tout ou partie de leur développement outre-Atlantique. C’est tout le paradoxe européen : nous savons financer l’innovation, mais nous peinons encore à créer les conditions permettant de l’industrialiser à grande échelle sur notre continent.

Dans ce contexte, la stabilité des règles devient elle-même un actif stratégique. Cleantech for France a ainsi réuni 28 acteurs industriels, financiers et de la société civile pour appeler la France à défendre une réforme ambitieuse du marché carbone européen. Mieux orienter les recettes de l’ETS vers la décarbonation industrielle, garantir la prévisibilité de la trajectoire des quotas et conditionner les allocations gratuites à des investissements réalisés en Europe sont des signaux indispensables pour déclencher les investissements de long terme.

Les fondamentaux des cleantech françaises restent solides. L’enjeu est désormais de transformer cette résilience en accélération industrielle. C’est cette ambition que Cleantech for France portera dans la perspective de 2027 : faire de l’électrification et de la réindustrialisation verte des leviers de souveraineté, de compétitivité et de pouvoir d’achat pour les Français.

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