Industries vertes : entre ambition politique et choc des réalités — Briefing Annuel 2025

L’année 2025 aura confirmé un paradoxe désormais bien installé pour les cleantech industrielles françaises et européennes : jamais les ambitions politiques de réindustrialisation et de décarbonation n’ont été aussi élevées, et jamais les conditions de passage à l’échelle n’ont paru aussi fragiles.

Les chiffres d’investissement traduisent clairement cette tension. Après un pic à 3,5 Md€ en 2023, les investissements dans les technologies vertes ont reculé à 2 Md€ en 2024, puis à 1,5 Md€ en 2025. Ce ralentissement reflète à la fois un environnement macroéconomique plus contraint et des fragilités structurelles persistantes : faible appétence pour le risque industriel, manque de financements de long terme et visibilité encore limitée sur les débouchés futurs.

Dans le même temps, le tissu industriel français et européen est mis à l’épreuve. Fermetures de sites et restructurations touchent y compris des secteurs stratégiques, rappelant que la transition industrielle ne se décrète pas. Malgré la montée en puissance du discours européen sur la souveraineté industrielle, les mécanismes de soutien à la demande, de protection du marché intérieur et d’accompagnement du scale-up restent encore insuffisamment opérationnels.

Pour autant, les fondamentaux demeurent solides. Les industries vertes constituent toujours le premier secteur en nombre d’ouvertures d’usines en France, portées par des projets industriels de grande envergure dans les batteries, les matériaux critiques et les technologies de décarbonation. Elles concentrent un potentiel stratégique majeur en matière de création de valeur, d’emplois et de réduction des dépendances. L’année 2025 aura notamment été marquée par l’inauguration de la gigafactory de batteries de Verkor.

L’enjeu est désormais clair : transformer l’ambition politique en réalité industrielle. Sans signaux de demande clairs, sans alignement durable entre politiques industrielles, financières et commerciales, l’Europe risque de rester en retrait de la grande transformation industrielle en cours.

Le Made in Europe s’impose dans ce contexte comme un levier stratégique, et non comme un repli. Il conditionne la capacité de l’Europe à réconcilier compétitivité, souveraineté, décarbonation et innovation, en sécurisant les débouchés industriels et en permettant l’émergence de champions capables de passer à l’échelle. Sans politiques de demande publique et privée assumées, cette ambition restera largement théorique.

C’est pour répondre à ce défi que nous organisons le Sommet des industries vertes, conçu comme un catalyseur de mobilisation collective entre industriels, investisseurs et décideurs publics. L’objectif est simple : créer les conditions concrètes du passage à l’échelle des champions industriels de la transition écologique.

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