
Le secteur des cleantech industrielles françaises fait face à un environnement de marché complexe, marqué par une incertitude économique persistante, des taux d'intérêt plus élevés et une incertitude géoéconomique qui tempèrent l'appétit pour le risque chez les investisseurs.
Dans ce contexte, l'analyse des investissements cleantech en France pour le troisième trimestre révèle une dynamique en dents de scie qui contraste avec les ambitions de décarbonation et de souveraineté industrielle du pays. Malgré le besoin impératif de financer la transition écologique, nous observons une nouvelle fois un ralentissement notable de l'activité.
Les chiffres de ce troisième trimestre témoignent de cette prudence généralisée : le montant total des investissements et le nombre de deals conclus ont globalement chuté de moitié par rapport au trimestre précédent, confirmant la volatilité du marché depuis le début de l'année. Cependant, le volume investi par deal reste en moyenne sensiblement plus élevé que nos voisins, l’Allemagne en tête, confirmant que les projets français à fort potentiel d'industrialisation et de déploiement continuent d'attirer des capitaux importants, essentiels à la phase de scale-up de nos champions.
Il est aujourd’hui crucial pour la France de transformer son leadership en matière d'innovation en un véritable leadership industriel. Pour s’affirmer, la France doit promouvoir des signaux de demande forts, un financement public et privé cohérent, et un environnement réglementaire qui accélère la mise en œuvre plutôt que de la freiner.
Seule une politique industrielle ambitieuse peut nous permettre d’atteindre ce leadership en matière de technologies propres, et générer les bénéfices économiques et sécuritaires associés. La France dispose des atouts pour mener à bien cette politique : des savoir-faire industriels, des champions émergents, un écosystème de financeurs.
En ce sens, l’élaboration des budgets français et européen doit être l’occasion d’un sursaut collectif en faveur de nos industries propres et stratégiques. Nos objectifs de réduction de nos dépendances stratégiques et de création de valeur et d’emplois ne sont atteignables que s’ils sont assortis de moyens pour faire grandir nos industries vertes, à l’image de ce que font les Etats-Unis et la Chine.