
Il y a trois bonnes nouvelles dans le plan électrification annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
1️⃣ D’abord, il n’y a pas de retour aux aides massives pour faire baisser le prix à la pompe - pour l’instant. Les leçons de la crise précédente ont été tirées. C’est une bonne chose pour nos finances publiques.
2️⃣ Ensuite, l’électrification est érigée comme un bouclier stratégique. Aujourd’hui, l’électricité ne représente que 27 % de notre consommation finale. Continuer à importer des fossiles, c’est continuer à importer les crises des autres.
3️⃣ Enfin, l’électrification est pensée comme un levier de réindustrialisation. Et c’est essentiel. Sortir des fossiles ne doit pas nous rendre dépendants d’équipements importés. C’est exactement la ligne que nous avons défendue chez Cleantech for France : massifier, industrialiser, produire en France et en Europe. Reste maintenant à la traduire en mesures concrètes pour l’industrie. Tout ne pourra pas être électrifié, mais des solutions bas-carbone complémentaires, notamment françaises, devront être pleinement intégrées dans la stratégie.
➡️ Le plus difficile commence maintenant.
Le risque, c’est de rester au stade des principes. On l’a déjà vu. Il y a encore peu, la trajectoire 2035 sur la fin de la vente des véhicules thermiques neufs a été infléchie sous pression. Ce type de signal fragilise la crédibilité de l’ensemble.
🏭 Or ici, les enjeux sont d’une autre nature. L’électrification n’est pas un simple ajout de technologies. C’est une transformation en profondeur de notre outil industriel, des procédés et des chaînes de valeur. Cela suppose des investissements massifs et, surtout, de la constance dans le temps.
⚠️ Et c’est là que le plan reste en deçà.
Les premières mesures annoncées - dont certaines déjà prévues - sur le chauffage des logements et les mobilités vont dans le bon sens, mais elles sont encore loin de l’échelle nécessaire.
💰 Reste enfin le point central : le financement.
Un doublement des aides, de 5,5 à 10 mds€ par an d’ici 2030, via une réallocation des moyens publics. Mais sans clarification sur leur périmètre, ni sur les arbitrages associés. Et surtout, sans réponse sur un sujet clé :
➡️ L’alignement de la fiscalité entre électricité et gaz
➡️ La réduction du différentiel de coût entre solutions électriques et fossiles
Or c’est précisément là que se situe le principal frein.
⚡️ La France n’a plus un problème d’électricité. Elle a un problème de vitesse d’électrification.