
Nos industries vertes traversent une situation critique, malgré une volonté politique affichée de réindustrialisation et de souveraineté européenne.
Les chiffres issus de notre dernier baromètre sont sans appel : nous ne faisons pas face à un simple ralentissement, mais à une véritable chute des investissements. Après avoir atteint un sommet de 3,5 milliards d'euros en 2023, les financements captés par les technologies vertes en France se sont effondrés pour atteindre seulement 1,5 milliard d'euros en 2025. Ce recul massif, marqué par un nombre de transactions quasiment divisé par deux en un an, témoigne d'une fatigue inquiétante du secteur qui peine de plus en plus à financer son passage à l'échelle industrielle.
Cette dégradation du financement s'explique en grande partie par une instabilité réglementaire et politique chronique qui paralyse l'action des entrepreneurs et des investisseurs. Les revirements sur les trajectoires des véhicules électriques, la révision du Green Deal ou encore la suppression d'un milliard d'euros de crédits de France 2030 constituent des signaux contradictoires délétères.
Ces "stop-and-go" permanents cassent la dynamique de projets ambitieux, à l'image de la décarbonation de l'acier, et poussent de nombreuses start-ups à réduire leurs ambitions ou à se détourner des levées de fonds privées au profit de solutions de repli.
Pourtant, le potentiel de nos entreprises reste immense : elles sont les premières contributrices à l’ouverture de sites industriels au premier semestre 2025.
Pour transformer l'essai, nous appelons à une mobilisation générale auprès des décideurs politiques pour défendre l'emploi industriel sur le terrain, et saisir l’opportunité de l'Industrial Accelerator Act pour faire du "Made in Europe" une réalité et offrir enfin la visibilité nécessaire pour nos filières.